Deuxième semestre de la Chaire UNESCO

HISTOIRE DES MATHEMATIQUES (Fr, En)

Tunis, 4 Octobre - 17 Décembre 2004

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22-26 novembre 2004

B5- Histoire de la théorie de la mesure et de l'intégration

Alain Michel, Professeur à l'Université d'Aix-Marseille, France.




Plan du cours                    Bibliographie sommaire




Plan du cours

Eléments d'une histoire de la théorie de la mesure et de l'intégration.

Le cours s'attachera, au-delà de la présentation des résultats et des théorèmes, des méthodes et des théories, à mettre en évidence les problèmes qui en sont l'origine, à en dégager les conditions, à analyser leurs contextes historiques et épistémologiques. Sur cet exemple de la théorie de la mesure et de l'intégrale,
dont on rappellera en commençant les raisons de l'importance, à la fois théorique et pratique, on voudrait éclairer, de manière plus générale, notre compréhension du travail mathématique dans l'histoire. On peut en espérer en outre un rééclairage, sinon un renouvellement, de la conception commune que nous pouvons avoir de l'histoire des mathématiques, et de l'histoire des sciences.

Le cours pourrait comprendre les 3 parties suivantes (j'indique surtout ici la motivation des développements envisagés) :

1. Une première "théorie de la mesure des ensembles" : Euclide et Archimède (environ 2h).

Il s'agit dans cette première leçon de présenter ce qui a constitué la première forme historique d'une théorie axiomatisée de la mesure des ensembles. Cette forme est celle du savoir mathématique grec, d'où des spécificités remarquables qui marquent sa singularité historique de commencement. On étudiera particulièrement la mise en œuvre, dans les Eléments d'Euclide et quelques traités archimédiens, d'un effort, cohérent et continu, de position d'axiomes destinés à fournir ce que les modernes appelleraient un "fondement" à une théorie de la "mesure d'ensembles". On constatera la présence, dans un contexte spécifique, d'une véritable et remarquable communauté d'essence entre les problèmes posés alors et ceux d'aujourd'hui.

2. Le concept de l'intégrale dans les figures du "calcul", des indivisibles au calcul infinitésimal (environ 4h).

Dans ce chapitre, on tâchera de restituer le cadre historique des différents développements ultérieurs. C'est en effet chez Leibniz et Newton (mais on laissera de côté, pour alléger l'exposé, ce dernier) qu'on trouve définies pour la première fois l'intégration et la dérivation comme opérations d'un calcul. C'est à l'intérieur de ce calcul qu'auront lieu les conquêtes ultérieures. Là encore, on s'attachera à montrer les conditions singulières de formation d'un concept d'intégrale qui n'est pas encore le concept, propre aux modernes, de l'intégrale d'une fonction, en ce qu'il reste connexe de celui de différentielle d'une variable, mais qui n'en est pas moins conçu comme support d'une opération définie comme inverse de la différentiation, et susceptible, comme tel, de conduire à une première formulation des "théorèmes fondamentaux du calcul".

2. 1. Indivisibles et procédés de sommation chez Cavalieri.
2. 2. Genèse et statut des opérations fondamentales du calcul dans le "calcu différentiel" de Leibniz.

3. De Cauchy à Lebesgue : vers la théorie moderne de l'intégration (environ 6h).

Ce dernier chapitre doit nous acheminer vers les concepts fondamentaux de la théorie moderne. L'origine en est la définition rigoureuse de l'intégrale définie de Cauchy, et, peu après, la mise au point, à partir de cette définition, d'un concept présentant un niveau suffisant de généralité pour engendrer un bon outil analytique, l'intégrale de Riemann. A partir de là, l'histoire du concept se confond avec celle de ses généralisations successives. Nous n'évoquerons qu'une, historiquement la plus importante, car elle est au fondement des extensions ultérieures, celle de Lebesgue, et là encore, plus que les détails de la théorie, nous nous attacherons à en explorer les conditions, historiques et épistémologiques, de possibilité.

3.1. L'intégrale au sens de Cauchy et de Riemann.
3.2. Le concept moderne de la mesure des ensembles : de Jordan à Borel.
3.3. L'intégrale de Lebesgue : la formation du concept; sa légitimation dans l'analyse (exemple de la recherche de la primitive d'une fonction donnée).

Une ou deux séances supplémentaires de 2h pourraient consacrées à l'étude de textes fondamentaux pour les questions épistémologiques soulevées dans les analyses historiques qui précèdent.


Bibliographie sommaire

Le cours sera largement "self-contained", et on tâchera de procurer les textes essentiels. Néanmoins, pour une première vue d'ensemble, on peut consulter les ouvrages suivants.

Pour la période ancienne :

Pour le XVIIème siècle :

Pour la période moderne :
- pour l'histoire :
- pour l'exposé des concepts :