Les trente  bougies DE LA RHM :

UN EVENEMENT SCIENTIFIQUE MAGHREBIN

 

Avec la parution du numéro 112, la Revue d’Histoire Maghrébine (RHM) fête ses trente ans d’existence ; cet événement scientifique et culturel tant sur la scène tunisienne que maghrébine, arabe et internationale, offre l’occasion d’évaluer son bilan et concevoir les perspectives d’avenir de ce premier périodique maghrébin s’intéressant à la promotion des études historiques sur le Maghreb aux époques moderne et contemporaine, ce qui permet par ailleurs de parler de son rôle dans l’émergence d’une école historique maghrébine ouverte sur les espaces arabe et international.

Le lecteur relèvera dans l’itinéraire de la RHM, qu’il y a des éléments de continuité et des éléments de changement. Au premier plan, la revue a respecté sa périodicité et sa régularité, car aucun retard n’a été enregistré depuis la parution du premier numéro en janvier 1974, ce qui a aidé à la réussite de ce périodique scientifique et à sa mise au diapason des évolutions et des orientations de la recherche. La RHM a respecté également sa spécialité à savoir l’histoire maghrébine, mais elle a ouvert ses pages aux différents chercheurs maghrébins ; d’ailleurs 75 % des textes sont axés sur ce thème, avec 1210 titres sur 1595, ce qui permet à notre revue d’occuper une place de choix, tant sur le plan national que maghrébin ou international. La RHM a opté pour le multi-linguistisme pour faciliter la communication entre chercheurs de différents centres et institutions de recherche et pour mettre en valeur le rôle des chercheurs maghrébins quant à l’écriture de l’histoire de leur pays. Il faut noter que le terrorisme intellectuel exercé au début de nos indépendances, par nombre d’universitaires à l’égard d’intellectuels, était destructeur. Notons par ailleurs que la plupart des contributions ont été rédigées par des Maghrébins qui croient en la recherche scientifique : Tunisie 728 contributions, Algérie 158, Maroc 142, Libye 31.

Par ailleurs, nous observons qu’un changement a touché le volume de la RHM, car les numéros 109-110, 111 et 112 de 2003 comptent 1365 pages dues à une soixantaine de participants. La Revue s’est ouverte donc à d’autres spécialités en sciences humaines et sociales ; cette orientation est due aux évolutions et orientations de la recherche à l’échelle internationale.

Le tableau suivant retrace le bilan de la Revue d’histoire maghrébine sur trente ans :

Répartition des textes selon leur langue et rubriques :

 

Arabe

Français

Anglais

Espagnol

Autres

Etudes

440

416

100

13

2

Thèses

50

53

8

1

-

Notes et documents

234

192

15

1

-

Compte-rendus

31

137

15

6

-

Résumés

384

265

98

2

1

On peut ajouter également que le total des pages publiées par la RHM est d’environ 27 mille dont 14 559 en arabe et 12 363 en français, anglais et espagnol, ce qui confirme notre option pour le multilinguisme. Si l’on considère le nombre de participants, le français occupe le premier rang avec 46.55%, au second rang l’arabe 44.05 % et l’anglais 7.93%.

On peut noter également que les participants à la RHM appartiennent à trente nationalités, ce qui traduit l’étendue de notre communication avec les sociétés scientifiques et met en relief le dialogue scientifique, culturel et civilisationnel entre peuples et individus pour promouvoir la recherche scientifique en sciences humaines et sociales, loin des slogans lancés par des responsables à la tête des institutions universitaires maghrébines.

La RHM est plus qu’un projet, c’est une conception scientifique et de recherche ; c’est le miroir du développement de la recherche maghrébine et de surcroît elle est  un espace et un laboratoire qui a participé à l’encouragement de nombreux jeunes chercheurs tunisiens et maghrébins qui y ont publié leurs travaux. C’est une école historique dont la rigueur, le renouveau, la multi-disciplinarité et l’interchange entre les différentes sociétés de recherche, font foi. La collection de 112 numéros de la RHM est une véritable encyclopédie quant à l’étude de l’histoire du Maghreb aux époques moderne et contemporaine.

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C’est ainsi que nous organiserons le vendredi 24 octobre prochain une journée d’études, avec la participation de chercheurs et historiens tunisiens pour étudier le rôle de la revue dans la promotion des études Maghrébines ; l’invitation est ouverte à tous pour participer à cette journée ; comme nous souhaitons recevoir, le cas échéant, vos réflexions sur notre périodique et merci d’avance !

Prof. Abdeljelil Temimi