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La recherche scientifique en sciences humaines |
N° 14, Avril 1999 Retour aux autres numérosBulletin de la : Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information |
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Mohamed Dhifallah, Le mouvement étudiant tunisien (1927-1939), 378 p. (en arabe + un résumé condensé en anglais + index), Préface Prof. Emérite Abdeljelil Temimi, Zaghouan, Janvier 1999.
Actes du IVe Congrès International de la Recherche Scientifique sur : Crise de la recherche scientifique et fuite des cerveaux dans le monde arabe et en Turquie, (110 p. en français et anglais, 206 p. en arabe), Fondation Temimi, Zaghouan, Février 1999.

Le premier trimestre de cette année a été marqué par la tenue, comme prévu, du Ve congrès international de la recherche en sciences humaines et sociales dans le monde arabe et en Turquie, congrès qui s'insère dans le cadre d'une série de congrès inaugurée au printemps 1995.
Cette cinquième version traduit bien la profondeur des questions soulevées et aux congressistes de conclure dans un rapport final :
"Sur invitation de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information s'est tenu à Zaghouan du 1er au 3 Mars le Ve congrès international de la recherche scientifique en sciences humaines et sociales sur:
La production du savoir et la liberté d'expression dans les Universités et les Centres de recherche arabes et turcs
Ont pris part à la séance d'ouverture son Excellence, Lars L?nnback du Ministère Suédois des Affaires Etrangères, son Excellence Monsieur Ismaïl Allawa, Ambassadeur d'Algérie en Tunisie et le Docteur Mohamed Abderrahmane Al Jarrah, Conseiller juridique auprès de Son Altesse le dauphin de l'Emirat de Ras El Khaïma des Emirats Arabes Unis, en plus de vingt-cinq chercheurs appartenant à des institutions universitaires et de recherche des pays suivants: Algérie, Cuba, Emirats Arabes Unis, Libye, Russie, Suède, Syrie et Tunisie avec une forte participation féminine.
Au cours des dix séances scientifiques, une vingtaine de communications ont été présentées. En outre, une séance plénière a été consacrée à un débat ouvert pendant lequel les participants ont évoqué de nouveaux dossiers rarement soulevés dans les espaces universitaires arabes. Les débats du congrès, caractérisés par la transparence, le sérieux et la richesse ont évoqué des thèmes fort intéressants et ce dans un climat de liberté scientifique totale mais patriotique et responsable et que nulle part ne pouvait avoir lieu dans tout l'espace universitaire interarabe
Les participants ont soulevé les problématiques suivantes :
- Depuis quarante années, il n'y a eu aucune évaluation réelle de la production scientifique des chercheurs arabes en sciences humaines et sociales ; une telle évaluation aurait dû contribuer à la mise en œuvre de nouvelles dynamiques, susceptibles de révéler les faiblesses qui sont à l'origine de la production toute relative du savoir dans le monde arabe. La création d'une éventuelle haute structure d'évaluation de la gestion des institutions académiques pourrait être très utile.
- Les chercheurs qui constituent l'élite intellectuelle des sociétés arabes espèrent servir leur patrie avec abnégation et patriotisme ; c'est ainsi qu'ils réclament qu'on leur offre plus de liberté d'action pour traiter toutes les problématiques relatives aux sociétés arabes et ce pour ne pas tomber dans la marginalité vis-à-vis du nombre croissant de spécialistes internationaux qui s'intéresssent aux aspects civilisationnels, politiques et économiques de nos sociétés. La liberté d'expression devrait être un instigateur à l'innovation et à la créativité ;
- Les participants affirment que leurs ambitions et projets de recherche vont de pair avec les orientations politiques menées par les systèmes qui travaillent pour le développement de nos peuples. Ils travaillent pour que les sciences humaines et sociales occupent une place de choix parmi les autres domaines de recherche dans le monde arabe ;
- Les participants demandent la généralisation des nouveaux moyens de communications qui ont bouleversé les méthodes adoptées dans des laboratoires internationaux alors que l'état de la recherche scientifique dans le monde arabe est stagnant ; aucune stratégie n'a été encore mise sur pied ;
- Les chercheurs insistent sur la nécessité de contribuer aux programmes de coopération de recherche entre l'Union Européenne et les douze pays méditerranéens et ce dans le cadre du dialogue entre cultures, civilisations et religions des deux régions et ce à l'instar de ce qui s'est passé à la conférence de Stockholm, tenue en avril 1998, et surtout en harmonie avec sa déclaration en cinq points.
Les congressistes recommandent l'organisation du VIe congrès sur le sujet suivant :
Rôle du savoir et des chercheurs arabes dans le développement national
au cours du mois de mars 2000. Par ailleurs, ils saisissent cette occasion pour remercier la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information ainsi que le Prof. Abdeljelil Temimi qui ont assumé l'organisation de ce congrès en créant les conditions favorables à sa réussite, ce qui place cette Fondation comme l'un des espaces les plus distingués à l'échelle internationale."

Dans le cadre de l'accord de coopération entre notre fondation et l'Arab Center for Strategic Studies présidé par S.E. Ali Nasser Mohammad, Mohamed Aljarrah conseiller juridique du Dauphin de l'Emirat Ras-al-Khima, a assisté, en tant que représentant du centre, aux travaux du Ve congrès de la recherche scientifique tenue au début de Mars dernier.
Durant la période sous-indiquée, le Prof. Abdeljelil Temimi a effectué les voyages suivants:
- Deuxième semaine de Janvier 1999, L'Espagne pour visiter l'exposition sur l'Islam en Catalogne à Barcelone.
- 4 - 7 Février 1999 : Le Maroc et ce dans le cadre des préparatifs du IIIe congrès du Forum de l'histoire contemporaine qui sera organisé du 21 au 24 Octobre 1999 en collaboration avec la Faculté des Lettres de Meknès.
- 3 - 17 Mars 1999 : La Turquie, Les Emirats Arabes Unis et la France : et ce pour assister à l'inauguration de l'Université de Charjah aux EAU ; une visite à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme à Aix-en - Provence où une rencontre avec beaucoup de chercheurs fut très utile et concluante.

1) 13 - 16 Mai 1999, Le IXe Symposium International d'Etudes Morisques sur : La moriscologie : orientations, méthodologie et sources documentaires nouvelles. Jusqu'aujourd'hui une trentaine de spécialistes ont exprimé leur intention d'y prendre part.
2) 13 - 16 Septembre 1999, La IIe table ronde du dialogue arabo-turc sur : la modernisation politique, scientifique et économique dans le monde arabe et en Turquie, dont la première circulaire est reproduite ci-après :
"Le duel tradition/modernité ou traditionalisme/modernisme a été tout au long de ces dernières décennies au cœur des débats et problématiques des intellectuels arabes et turcs. Un débat aujourd'hui, qu'apporterait-il de nouveau? Comment soulever le thème de modernisation alors que sous d'autres cieux on parle de post-modernisme? En effet, nous estimons traiter cette question non pas en tant qu'acteurs sociaux mais en tant qu'observateurs et chercheurs qui prennent leurs distances des événements, des symboles et des différents courants. Les participants sont ainsi appelés à soulever des problématiques et à présenter des approches susceptibles de poser de nouvelles questions. Dans cette deuxième table ronde du dialogue arabo-turc, nous soulevons les trois axes suivants :
1- La modernisation politique et scientifique :
- Nation et Etat : Etablissement de l'Etat national, création des entités micro-nationales arabes, apport de l'expérience de modernisation Kémaliste en Turquie et celle du nationalisme arabe.
- Modernisation scientifique : dynamiques du savoir et laboratoires de recherche dans les pays arabes et en Turquie : approches comparatistes.
- Relations de la Turquie et du Monde arabe avec l'Europe : démocratisation et/ou assimilation.
2- La modernisation économique :
- Le modèle de développement : dynamique de l'industrialisation dans le monde arabe et en Turquie au 20e siècle ; rôle des institutions financières dans le processus de modernisation.
- Répercussions des expériences socialistes ; capitalisme national.
3- Processus de la modernisation :
- Comparaison entre les expériences modernistes dans le monde arabe et en Turquie.
- A la quête d'un modèle.
- Modernisation politique et globalisation en Turquie et dans le monde arabe au 21è siècle.
Cette IIe table ronde qui sera organisée au sein de la Fondation Temimi à Zaghouan est le prolongement de la première sur : Kémalisme et Kémalistes, dont les problématiques soulevées vont être approfondies. Elle est ouverte non seulement aux historiens arabes et turcs contemporanistes, mais aussi aux autres spécialistes en sciences économiques, sociales et juridiques qui s'intéressent aux sphères arabe et turque.
Nous avons le plaisir de vous faire parvenir cette première circulaire ; sachant que la Fondation abritera le congrès dans ses locaux et assumera les frais de séjour et éventuellement les billets d'avion ; mais avant de nous engager, nous vous informons qu'une convention signée avec la compagnie Tunis Air fait fénéficier à tout participant de 50% du tarif réduit sur ses propres lignes."
3) 7 - 12 Octobre 1999, Le Xe Congrès panarabe de l'Arab Federation for Libraries and Information sur : Les bibliothèques électroniques et les technologies de l'information dans le monde arabe : Etat et perspectives d'avenir.
Ce congrès va être organisé en collaboration avec l'Institut Supérieur de Documentation (ISD) ; plus de quatre cents participants (400) vont y prendre part pour ces thèmes d'avenir.
4) 21 - 23 Octobre 1999, Le IIIe congrès du Forum de l'histoire contemporaine Meknès (Maroc) sur :
Enjeux nationaux et impact des changements internationaux sur le Maghreb contemporain.
5) 1-2-3 Décembre 1999, rencontre d'universitaires sur : Le Président Habib Bourguiba et les problématiques de l'établissement de l'Etat national (1957-1987), ses relations avec Nasser.
Ci-après la première circulaire de cette rencontre :
"En sa qualité de premier Président de la République Tunisienne, Habib Bourguiba est un homme exceptionnel dans l'histoire de la Tunisie contemporaine. Il appartient en fait à une génération qui a influencé les destinées de son pays moyennant non seulement son rôle décisif dans le mouvement national, mais surtout dans la construction d'un Etat national moderne.
Si la première période de son parcours politique a été, sous le règne de Bourguiba même, l'objet de plusieurs ouvrages élogieux dont l'objectif est de consolider et de mettre en vigueur sa légitimité historique, il nous incombe aujourd'hui d'approcher la période où il fut Président de la République et ce en ayant recours aux diverses informations que peuvent nous fournir les différents témoins et acteurs.
Notons par ailleurs que même la première période n'a pas fait, avant 1987, l'objet d'études scientifiques objectives ; Bourguiba y était depuis toujours le combattant suprême et l'unique leader. Après sa destitution, aucun chercheur n'a osé l'étudier ou mettre en lumière son rôle dans le mouvement national en tenant compte de l'apport de tous les acteurs et tendances. Laissons aux historiens le soin de remplir cette tâche en ouvrant de nouvelles pistes de recherche. Il y a certes des difficultés d'ordre méthodologique dues essentiellement au manque de sources documentaires ; mais il nous incombe en tout cas, de confronter les choses avec plus de courage et d'objectivité. Mais après tout, est-ce étonnant aujourd'hui d'ouvrir le dossier du Président Habib Bourguiba ? Sachant que des dizaines de rencontres, congrès et ouvrages ont été réalisés sur les Chefs d'Etat : Nasser, Sadate, Boumediene, Mohamed V et autres... sans oublier les autres figures politiques occidentales, mortes ou vivantes.
Par ailleurs, l'étude de cette période par des historiens connus par leurs travaux et recherches en la matière ne veut pas dire en faire le bilan, ce n'est qu'une lecture axée sur le poids d'un homme dans la formation de l'Etat national moderne, lecture à laquelle participent des historiens contemporanistes mais aussi des sociologues, des politologues, des juristes, des économistes peuvent contribuer à l'étude de ce dossier qui n'a pas fait l'objet d'études et de recherches scientifiques de part et d'autres."
En outre ci-joint les axes détaillés de cette première rencontre :
1- La république et les options géo-stratégiques :
- Les racines de la pensée républicaine et son évolution.
- Les institutions républicaines et leur fonctionnement.
- Les expériences de développement : processus et bilan.
2- Tunisification et conception de l'histoire et de la géo-stratégie :
- Tunisification et unification de l'enseignement et dynamiques de l'arabisation.
- Tunisification des cadres et des institutions.
- Bourguiba et les conceptualisations de l'histoire.
- Bourguiba et l'action maghrébine et panarabe commune.
3- La société civile et la place de Bourguiba parmi ses contemporains :
- Le problème des concepts.
- Articulations et compositions de la société civile.
- Société traditionnelle et société civile.
- Bourguiba, Nasser, de Gaulle, Boumédienne : approches comparatistes.

L'Irak et le processus du savoir :
Echos d'une interview à Al Djazirah :
Soutenance d'une thèse de doctorat d'Etat, pas comme les autres :
Toujours de la propagande, uniquement la propagande ...
Une exposition sur l'Islam en Andalousie à Barcelone :
Faculté des Lettres de Kairouan sans département d'histoire :
